Odile Jacob

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    Tobie Nathan

    Abraham Abadie, c'était un bon gros psychiatre bien tranquille.
    Mais qu'est-ce qu'ils avaient tous à lui cavaler au train ? Ce clodo, d'abord, et puis cette bande de Congolais, la DST et le Mossad par-dessus le marché. Voilà que Dieu s'y mettait lui aussi. Mais il avait les nerfs solides, le psychiatre. Les nerfs, c'était son métier, après tout !

  • « Dialoguer avec un mort : un genre ancien, que j'ai essayé de remettre au goût du jour. Mais il y a des morts qui se taisent et d'autres qui parlent. C'était le cas de Luis Buñuel. Surprise : il n'avait rien perdu de ses phrases qui mordent, de son regard brutal, de son rire à pleurer. Il me suffisait de l'écouter. Il y a des morts plus vivants, parfois, que ceux qui croient leur avoir survécu.

    De tous les films que nous avons écrits ensemble, La Voie lactée fut sans doute le plus inattendu. Concevoir, écrire et réaliser un film sur les hérésies de la religion chrétienne, cela semblait une gageure folle. Luis m'en parlait depuis notre première rencontre dès 1963. Comment concevoir et produire un objet pareil ?

    Lorsque Belle de jour obtint le Lion d'or au festival de Venise en 1967, il prit sa décision. Si c'est ça le cinéma d'aujourd'hui, me disait-il, alors nous pouvons le faire, notre film sur les hérésies. » J.-C. C.

    Sous la plume de son ami, de son complice Jean-Claude Carrière, avec qui il a tant partagé, depuis Le Journal d'une femme de chambre jusqu'à Cet obscur objet du désir en passant par Belle de jour ou Le Charme discret de la bourgeoisie, voici que Luis Buñuel revient nous parler du cinéma, du surréalisme... De sa vie, de notre vie.

  • Une foule de chats et de lapins, un homme-loup fort civil, des soeurs siamoises et un enfant-crapaud, un " pèse-songes ", un cuirassier suisse très ambigu et un physicien chinois, une courtisane créole à la nature généreuse et une blonde émouvante...
    Telles sont les créatures picaresques qui peuplent les carnets d'Hugues la Scève, brillant esprit et libertin, retrouvés dans un vieux coffre où ils dormaient depuis plus de deux siècles... Par un des plus grands spécialistes de neurobiologie du rêve et du sommeil, un roman à la manière du XVIIIe siècle et de Raymond Roussel, qui mêle fiction et science, méditation et érudition.

  • ?"Il y a ce que l'on vit et il y a ce que l'on ressent. Entre les deux : le cordon souple du mental. C'est lui qui colore notre existence. Il peut nous enchanter ou au contraire nous plomber, dans n'importe quelle circonstance. Mais comment agir sur ce que nous pensons ? Rien ne vaut un arrêt sur idée : pourquoi penser ceci plutôt que cela ? Et si on essayait autrement ? Entre peps et plainte, chacun choisit. Revoyons la manière de vivre notre vie et nous retrouverons la liberté d'agir." É. B. Le petit livre des 50 moments de psychologie inventive. Élisa Brune est romancière, essayiste et journaliste scientifique. Elle a notamment publié Bonnes Nouvelles des étoiles, coécrit avec Jean-Pierre Luminet, Le Secret des femmes, avec Yves Ferroul, et La Révolution du plaisir féminin, qui ont été de grands succès de librairie.

  • tout près de louksor, entre la vallée des rois et celle des reines, se trouve la place-de-vérité, là où jadis travaillaient les artisans qui construisaient les tombeaux des pharaons.
    quelque part, bien cachée, une grotte, un petit tombeau... l'anthropologue michel saramo l'a vu en rêve. que trouve-t-il ? pas de sarcophage contenant une momie, non, plutôt un vase, et tout autour des inscriptions qui racontent l'histoire de pépi, un peintre qui travailla pour ramsès ii. où est passé pépi ? qu'a-t-il découvert ? rien moins qu'une voie d'accès à l'infiniment petit et à l'infiniment grand.
    michel saramo va-t-il retrouver pépi ? va-t-il, lui aussi, réussir le grand voyage à travers le temps et l'espace dans le monde-d'en-bas ? qui va-t-il rencontrer ? david elbaz, avec une verve digne des plus grands, invente une nouvelle mythologie qui nous fait voyager du monde des particules à celui des dieux égyptiens.

  • Alice Tao se rend à un congrès où elle doit évoquer une observation que les théories astrophysiques actuelles ne permettent pas de comprendre et qui pourrait remettre en question tout l'édifice de la science. Un savant a peut-être trouvé l'explication, mais il disparaît en ne laissant derrière lui que quelques dessins. Qui a intérêt à cette disparition? Parmi ces dessins, Alice reconnaît un lieu dont elle avait rêvé, lorsqu'elle était enfant, un lieu qui n'existe pas, pas encore... Un siècle plus tard, en 2107, un biophysicien s'aperçoit que l'homme perd la mémoire. Il se rend en Chine sur la proposition d'une confrérie secrète qui s'apprête à créer un centre de stockage de la mémoire de l'humanité. Que cherche vraiment cette organisation à la puissance sans limite? Un seul homme peut la défier: Michel Marosa, qui possède la mémoire d'une jeune Chinoise appelée... Alice Tao. Notre mémoire serait-elle manipulée par des intrusions du futur? Alice et Michel vont-ils renouer ses fils par-delà les époques?

  • À l'occasion d'un bref retour à Marrakech, lors d'un week-end, un romancier évoque son enfance tout en vivant une rencontre amoureuse. Son récit fait défiler l'entrechoc des cultures, l'écart des communautés, la disparition de l'une d'elles.
    Il mène sa vie d'enfant du Livre entre bien-être et misère, bonheur et détresse, exil et ancrage dans une tradition millénaire, où ce qui l'emporte, c'est le désir lancinant du départ, départ où il emporte avec lui l'étrange exil où il est né, sa vie médiévale fêlée par la modernité, et son envie de vivre increvable quand, jeune ado, il cherche sa voie entre Dieu, sexe, amour de la femme impossible, culture française, marxisme, Terre promise invivable, entre tout cela et l'exil fondateur intrinsèque.
    /> Daniel Sibony, en profite pour lever quelques voiles sur son roman des origines, celle d'un dhimmi en terre arabe.

  • Manes Sperber (1905-1984) est un des grands témoins de notre siècle. Né dans une « shtetl de Galicie, disciple d'Adler, membre du parti communiste allemand, il est chassé par le nazisme en 1933 et rompt avec le communisme en 1937, lors des procès de Moscou. Ami de Malraux, Camus, Koestler, Aron, il se fixe à Paris après la guerre. Éditeur, il introduit notamment en France Hermann Hesse et Patricia Highsmith. En publiant sa trilogie romanesque en un seul volume, dans une traduction entièrement revue, Odile Jacob propose l'édition de référence d'une oeuvre considérée par Malraux comme le « livre des vérités meurtrières - l'épopée des hommes de conviction broyée par Staline et Hitler ».

  • Un témoignage unique et de première main sur la Chine de 1963 à 2008. De la Chine de Mao Zedong qui sembla un moment s'ouvrir au monde pour se refermer très vite avec les soubresauts de la révolution culturelle; de la Chine rouge jusqu'à la Chine de Deng Xiaoping, ouverte et multicolore, débordante de mille initiatives, témoin d'exception, Pierre-Jean Rémy a vu, observé et analysé. Journal d'un homme d'action, d'un observateur impartial mais aussi d'un romancier et d'un poète, ce livre raconte la Chine de tous les jours, mais aussi celle d'hommes et de femmes attachés à la voir devenir l'une des grandes puissances du monde, un pôle dans l'univers des idées et des arts, une Chine d'un modernisme effréné mais aussi une Chine millénaire, la Chine de toujours.

  • Ce nouvel ouvrage fait suite à La Génisse et le Pythagoricien, première station théâtrale du « traité des formes » élaboré par J.-F. Peyret et A. Prochiantz. La rencontre de l'homme de théâtre et du biologiste s'était faite d'abord autour d'Ovide et de ses Métamorphoses, la suite prend pour objet Darwin et la théorie de l'évolution.

  • En 2005, le directeur des Archives d'état albanaises, Shaban Sinani, rendait publiques les archives secrètes du parti communiste concernant l'écrivain Ismaïl Kadaré. Ces documents révèlent, à travers le cas singulier du grand écrivain, l'ampleur du système de délations, de menaces, de jugements et de condamnations qui pesait sur chaque citoyen du pays. Ce Dossier Kadaré, publié pour la première fois en Occident, nous permet de découvrir à quel point nous ignorons encore la réalité de la vie sous les régimes communistes. Dans La Vérité des souterrains, Ismaïl Kadaré, au cours d'un long entretien avec Stéphane Courtois, commente, pour la première fois, ces documents. Grâce aux questions précises et informées de l'historien, il revient sur son itinéraire, ses oeuvres littéraires, sa vie et sa survie sous le régime d'Enver Hoxha. Sa biographie, son talent et son regard d'immense écrivain font de cet entretien un témoignage unique sur le drame qu'a vécu la moitié de l'Europe.

  • « Mégère, souillon, sotte, laideron, putain et pour finir empoisonneuse : ainsi a-t-on qualifié Thérèse, la servante, maîtresse, épouse puis veuve de Jean-Jacques Rousseau. Mais voilà une femme qui, pendant plus de trente ans, a pris soin du plus grand philosophe français du siècle des Lumières, qui l'a blanchi, nourri, lavé et caressé. Et il faudrait que l'on tienne son rôle pour négligeable ? La publication de ses confessions dissipera, je l'espère, cette injustice. » J.-D. V. Voici donc, présentée par Jean-Didier Vincent, le scientifique qui suit à la trace les jeux du désir au plus profond de notre cerveau, la vie de Thérèse, épouse méconnue et méprisée. Morceau de bravoure libertin, c'est un portrait en creux de Rousseau, incarnation même de la mélancolie. Vrai ou faux ?

  • " Je voulais vous donner des nouvelles, vous parler de journalisme en vous racontant des histoires parfois étranges ! Quête personnelle sur fond de 11 Septembre, une envoyée spéciale au passage d'un ouragan en Louisiane, une tornade médiatique qui bouleverse la vie d'une jeune fille, ce qu'inspire la chute du mur de Berlin, le dérisoire d'un sans-abri...
    Petites ou grandes, ces histoires font le monde. Elles se croisent et s'entremêlent dans l'actualité. Rien n'est réel, mais tout pourrait être vrai... Rien n'est véridique, mais tout devient irréel. Je vous invite à plonger au coeur d'un journalisme de fiction... " B. T.

  • De lui-même. Pourquoi est- il ainsi poursuivi par la vindicte babylonienne ? Le dieu unique qu'il prie dans ce monde idolâtre existe-t-il bien ?
    Traqué, méprisé, rejeté, Abram retrouvera Noé et les siens, qui lui révéleront le sens de sa quête, avant de revenir affronter Nimrod, "le roi de l'horreur profonde" (V.
    Hugo), dans un ultime défi scellant sa destinée. Alors, il pourra avoir une descendance et devenir Abraham, père du monothéisme.
    Quand le roman nous révèle ce que la Bible ne dit pas des premiers temps du monothéisme !

  • Qui est Abraham ? Un inconnu.
    Personnage central de la Bible, géant de la mythologie, héros de l'Histoire, il est à la fois immense et lointain. Le voici proche de nous : du fond des âges, il s'adresse à son innombrable progéniture, dans un langage foisonnant et intemporel. Le temps, l'espace, les générations s'entremêlent. Il nous parle de " cet Orient qui n'avait rien de moyen " et dominait le monde civilisé, compris entre l'Euphrate et le Tigre.
    " J'ai grandi, nous apprend-il, dans cet entre-deux, je suis parti de là, de Babylone ". Replacé ainsi aux confins de ces empires dont l'effervescence n'a pas fini d'agiter le monde, Abraham raconte sa jeunesse et prend, sous la plume alerte et facétieuse d'Eric Nataf, une dimension nouvelle. Père de peuples frères qui s'entre-déchirent, il est, plus que jamais, un patriarche vivant et attentif. Il est une part - la meilleure ? - de nous-mêmes.

  • "J'ai rencontré Cioran à dix-huit ans.
    Son appétit de néant m'a bouleversée. Il m'a tenu la jambe pendant dix ans, puis s'est défilé sans prévenir. Cet homme qui était tout absence, ce gisant debout, pouvait donc disparaître ? Son creux a donné voix à la stupeur qui gémissait dans mes tréfonds. La mort, très amusée, est venue faire des ronds de jambe autour de moi. Elle a testé mes résistances et excité la part furieuse de mon vocabulaire.
    Il en résulte une danse endiablée entre Cioran, la mort et moi. Un tango sauvage à trois." Elisa Brune.

  • Depuis plus de deux cents ans, la villa médicis est le siège de l'académie de france à rome créée par louis xiv et jouit d'un prestige unique au monde.
    Dans un lieu d'une beauté inouïe, elle accueille des artistes, des écrivains, des réalisateurs, des historiens de l'art. succédant à des directeurs illustres, dont le peintre balthus, pierre-jean rémy l'a dirigée de 1994 à 1997. des créateurs du monde entier, des mécènes s'y sont rencontrés. ce livre raconte avec passion et humour la vie intense de la villa médicis. querelles picrocholines, fantasmes ministériels mais aussi grands moments de création.
    Amusé et grinçant, poétique et rêveur, ce journal constitue un tableau unique de la " vie d'artiste " mais aussi du bonheur d'être à rome.

  • Vraies vies, tristes tragédies de la vie. Qu'est-ce donc que la vie, en vrai, en apparence ? L'auteur résolut d'en débattre, peut-être d'en faire un livre. Jean-Denis Bredin, avocat et écrivain, est membre de l'Académie française.

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